Contact

S'il vous prend l'envie de m'écrire, vous pouvez me joindre à philippe-h.lemoine@laposte.net

Affichage des articles dont le libellé est les arguments à la con. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est les arguments à la con. Afficher tous les articles

jeudi 28 avril 2011

L'insignifiant Yassine Belattar et l'argument d'autorité (judiciaire)

Vous avez peut-être écouté l'émission de Yassine Belattar, dans laquelle celui-ci était supposé recevoir Robert Ménard, lequel a préféré se barrer après quelques minutes. Je dois vous dire que, pour ma part, cette émission a été à la fois un choc et une épreuve. C'est bien simple, je crois que je n'ai jamais vu un tel concentré d'imbécilité, de manque de savoir-vivre et d'incompétence distillé en si peu de temps. On a beau croire que l'on est habitué à tout cela et que plus rien ne peut nous surprendre, il faut reconnaître que Belattar et sa bande ont repoussé les limites de la nullité au-delà de ce qui était imaginable. Je croyais pourtant que j'avais une idée assez précise de l'état de décadence que vous avions atteint, mais j'ai compris en écoutant cette émission que j'étais loin du compte. Qu'une telle chose soit possible sur une radio française, qu'on donne ainsi quotidiennement la parole à trois gamins dégénérés, n'ayant pas le commencement d'un début de talent, qui sont de toute évidence - et je dis cela tout à fait sérieusement - déficients mentaux, voilà qui en dit plus long sur l'état de notre pays que tous les discours que l'on pourrait faire à ce sujet. Cette émission était complétement surréaliste et les propos qui y ont été tenus proprement sidérants.

Je n'ai vraiment aucunement l'intention de m'attarder sur le cas de ces trois imbéciles heureux, ni d'ailleurs sur celui de Pascale Clark, à laquelle ils doivent apparemment leur carrière et qu'ils avaient manifestement l'intention de venger après qu'elle s'est vue remettre à sa place par Robert Ménard un peu auparavant. Ce qui m'intéresse, c'est plutôt l'argument qu'ils ont utilisé pour justifier les restrictions à la liberté d'expression en France, parce qu'il s'agit de quelque chose qu'on entend souvent. Ainsi, il serait bien et bon de punir les gens qui tiennent certains propos jugés offensants, au motif que de tels propos sont interdits par la loi. Il est tout à fait clair que cet argument repose sur le principe suivant : s'il y a une loi qui empêche de faire ceci ou qui exige que l'on fasse cela, alors il est bon et bien que l'on ne fasse pas ceci ou que l'on fasse cela. Qu'un tel argument soit devenu si courant et qu'il soit aussi largement employé sans que personne ou presque ne s'en étonne, voilà sans doute autre chose qui étonnera pendant longtemps les générations à venir, mais c'est pourtant un fait que cet argument est devenu un lieu commun du débat sur la liberté d'expression en France.

Les gens qui l'emploient ont beau avoir leur brevet d'anti-nazisme, comme il se plaisent à nous le rappeler à longueur de journée, ils semblent néanmoins incapables de comprendre que d'après ce genre d'arguments, il était bon et bien de persécuter les Juifs, pour ne citer que ceux-là, sous le Troisième Reich. Il y avait en effet dans l'Allemagne nazie des lois anti-juives à partir de 1935, ce qui sur la base du principe énoncé plus haut signifie que, pour Belattar et tous les abrutis dans son genre qui reconnaissent ce principe, il était parfaitement légitime et normal de se livrer à la chasse aux Juifs à l'époque. Bref, il n'est pas nécessaire d'être un grand philosophe pour comprendre l'absurdité de cet argument, qui continue pourtant d'échapper à l'ensemble de la classe médiatico-politique. On notera toutefois que, étrangement, lorsqu'il s'agit de soutenir les faucheurs d'OGM, dont les exploits sont pourtant tout ce qu'il y a de plus illégaux, les mêmes qui utilisent cet argument oublient soudainement le respect qu'ils affectaient d'éprouver pour la loi quelques instants auparavant, quand il s'agissait d'administrer sa juste punition à quelque méchant raciste. On peut donc se demander, sans vouloir faire preuve de mauvais esprit, si c'est la bêtise ou la malhonnêteté qui les guide, quand ils brandissent cet argument comme Moïse les Tables de la Loi. Dans le cas de Yassine Belattar et de ses amis, bien qu'ils ne soient sans doute pas dénués de malhonnêteté, je crains que ce soit plutôt la bêtise...

dimanche 17 octobre 2010

Le discours de la peur

L'un des arguments favoris des procureurs de la bien-pensance qui sévissent un peu partout de nos jours, lorsqu'un malotru s'avise de faire une remarque qui n'est pas de leur goût, consiste à rétorquer à cet impudent petit rabat-joie qu'il ne fait que véhiculer le discours de la peur. Naturellement, il est évident que c'est surtout un moyen pour ces chasseurs de fascistes et autres résistants en canapé d'éviter de répondre sur le fond, mais il me semble néanmoins qu'on ne remarque pas assez souvent à quel point cet argument, si tant est qu'on puisse qualifier de la sorte cette rengaine, qu'il est d'usage d'asséner sur un ton inquiet, censé trahir sa consternation et son malaise, est profondément et incroyablement con. J'aimerais en effet qu'on m'explique en quoi la peur est forcément un sentiment illégitime et irrationnel ? Si je me tiens sur une route et que je vois une voiture me foncer dessus à toute vitesse, je ressens effectivement de la peur, ce qui m'amène à me jeter sur le bas-coté afin d'éviter de finir comme un vulgaire hérisson écrasé sur le bitume, mais je dois avouer que je ne vois là rien que de très rationnel. Que faudrait-il donc que je fasse au lieu de cela ? Si l'on en croit tous les crétins qui nous assomment avec cet argument à la con, il faudrait que je reste tranquillement sur la route en attendant d'être réduit à l'état de compote, expliquant aux imbéciles qui m'enjoignent de foutre le camp, au mieux qu'ils n'ont rien compris, au pire que ce sont des personnages douteux qui essaient de jeter le trouble dans mon esprit en m'inspirant de la peur.

La civilisation européenne est un hérisson sur lequel fonce un trente-cinq tonnes et qui ne trouve rien de mieux à faire que de rester tranquillement le cul posé sur le bitume en attendant qu'il lui passe dessus. C'est d'ailleurs à se demander si cette pauvre bête n'est pas fatiguée de vivre, au point qu'elle se dit que, finalement, ce trente-cinq tonnes est un moyen comme un autre de mettre un terme à son existence, puisque de toute façon elle n'a même plus la force de croire qu'elle vaut quelque chose, d'ailleurs elle est même convaincue qu'elle n'a jamais valu quoi que ce soit. Après tout, si l'on regarde un peu la vie de ce hérisson, que voit-on sinon une suite sans fin de crimes à l'encontre des fourmis et des autres insectes qu'il a opprimés jusqu'à plus soif ? Il est d'ailleurs étonnant qu'un aussi fieffé salop que cet animal soit convaincu de n'avoir rien à craindre, pas même de la part de ces insectes qu'il martyrisait il y a peu encore, et qui à ce qu'on dit en souffrent encore aujourd'hui. Mais que voulez-vous, on ne peut pas demander à un hérisson de faire preuve de logique, pas plus qu'à un journaliste, du moins pas beaucoup plus.

Bref, laissons là notre hérisson pour revenir à notre sujet, ce qui est particulièrement intéressant avec ceux qui nous gratifient de cet argument, c'est qu'ils passent eux-mêmes leur temps à essayer de nous faire peur, à nous expliquer qu'au rythme où vont les choses, avec l'ambiance nauséabonde qui règne en ce moment, on risque de voir ressurgir les heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire. On pourra d'abord remarquer que, depuis le temps qu'ils nous prédisent le retour de la bête immonde et qu'on l'attend toujours, cette pauvre bête a dû passer l'âge de la ménopause depuis un moment et que son ventre ne doit plus être très fécond. Mais enfin ce qui est surtout étonnant, c'est que visiblement la peur n'est pas mauvaise pour tout le monde. De toute évidence, il y a les bonnes et les mauvaises peurs, celles auxquelles il convient de prêter attention et celles qu'il faut taire à tout prix.

En un sens, ce n'est d'ailleurs pas faux, en cela qu'il y a en effet des peurs parfaitement rationnelles et d'autres tout à fait irrationnelles. Par exemple, quand je crains de voir l'Europe disparaître sous l'effet de l'immigration, c'est une peur tout ce qu'il y a de plus rationnelle, dont je peux démontrer qu'elle est fondée sur une réalité, à savoir les données de la démographie du continent. En revanche, quand un crétin se croit obliger de nous expliquer, à mots plus ou moins couverts comme s'il risquait lui-même d'être déporté si l'on apprenait qu'il avait osé bravé ainsi la loi du silence, qu'il craint de voir la France revenir à Vichy à cause des expulsions de Roms, cette peur, qui parfois (c'est triste mais vrai) n'est même pas feinte, est parfaitement irrationnelle. J'aimerais en effet qu'on explique en quoi le fait d'expulser quelques poignées de Roms avec indemnité à la clé, qui par dessus le marché pourront s'empresser de revenir une semaine plus tard, s'apparente à la déportation des Juifs vers les camps de la mort pendant la Seconde Guerre mondiale.

En vérité, il n'y a rien de plus utile que la faculté de pouvoir ressentir de la peur, à condition que celle-ci ne soit pas paralysante. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la quasi totalité des animaux ont cette faculté. En effet, si l'on examine cette question à l'aune de la théorie de l'évolution (vous savez cette théorie scientifique que les prêtres sodomiseurs d'enfants refusent d'accepter, du moins à ce qu'on dit), on s'aperçoit que c'est probablement parce qu'une espèce animale qui serait incapable de ressentir la peur n'aurait pas le temps de transmettre son patrimoine génétique et disparaîtrait rapidement, ou plus exactement elle n'aurait pas l'occasion d'apparaître. Imaginez quelqu'un, comme notre hérisson, qui ne connaît pas la peur, le genre franchement téméraire quoi, eh bien vous n'aurez aucun mal à vous figurer que cet individu ne fera pas de vieux os. Il en va de même pour les sociétés et les civilisations : une société qui ne craint jamais pour sa survie est appelée à disparaître assez rapidement, un peu comme notre hérisson avec le camion.

jeudi 30 septembre 2010

Le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit

J'entendais encore récemment cette rengaine à la con, qu'on entend assez régulièrement sur les plateaux de télévision et de radio, dans la bouche de Mohammed Sifaoui, lequel était reçu chez Ménard pour parler de son pamphlet contre Zemmour. Il semble qu'à chaque fois que quelqu'un prononce cette phrase, il entend qu'elle mette fin d'autorité à la discussion, comme si c'était une sorte d'arrêt divin , gravé dans le marbre en haut de quelque mont Sinaï, devant lequel nous autres pauvres mortels ne pouvons que nous incliner comme des Bénédictins devant la Sainte Couronne. En général, les choses se passent à peu près de cette façon, quelqu'un fait une remarque qui n'est pas trop du goût de l'un des membres du clergé politico-médiatique présents sur le plateau, lequel se tourne alors vers l'impudent et lui dit sur le ton de l'évidence : "Mais enfin mon bon Monsieur, vous n'êtes donc pas au courant ? Le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit. Alors s'il-vous-plait fermez donc un peu votre claque-merde et laissez-moi reprendre mon explication au sujet des vertus du métissage et du multiculturalisme."

La question que je me pose invariablement quand j'entends quelqu'un débiter cette connerie est la suivante : mais qui donc a bien pu décréter que cela ne pouvait pas être à la fois une opinion et un délit ? En effet, il est évident que le racisme est à la fois une opinion et un délit : c'est une opinion parce que c'est une proposition que chacun peut fort bien examiner en tant que telle et c'est un délit parce qu'une bande d'abrutis a décidé de pondre une loi qui sanctionne l'expression de cette opinion. À moins bien sûr que nos amis censeurs - qui sont par ailleurs, ne vous y trompez pas, les plus ardents défenseurs de la liberté d'expression, à condition naturellement qu'elle ne soit pas trop libre quand même - prétendent à légiférer sur ce qui se passe dans le secret des âmes, ce qui n'est d'ailleurs peut-être pas si éloigné de ce à quoi ils aspirent en effet... Quoi qu'il en soit, dès que j'aurai le temps, je me fendrai d' un billet sur le racisme, dans lequel je m'efforcerai de distinguer plusieurs thèses que l'on confond sous cet unique vocable, en tâchant d'expliquer pourquoi, d'après moi, parmi ces différentes variétés de racisme, si tant est qu'il soit judicieux de les appeler ainsi, une seule mérite vraiment la condamnation dont on les frappe toutes indistinctement.